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ChatGPT envoie vers des 404 : que faire sur son site ?

Par Lucas M.

12 min de lecture
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Lucas M.

Un lecteur clique sur un lien proposé par un assistant, votre serveur répond 404, et l'adresse n'existe pas ou n'existe plus. Le symptôme se corrige vite. Le diagnostic demande plus de rigueur, parce que les chiffres publiés sur le sujet ne mesurent pas tous la même chose.

D'après Google, Semrush et SE Ranking, une 404 reçue d'un assistant appelle une réponse qui dépend du cas. Page disparue sans remplacement : gardez la 404. Page vivante sur le même sujet : redirigez en 301 vers elle, plutôt que vers l'accueil. Liens externes qui pointent vers l'ancienne adresse : redirigez ou recréez le contenu, et surveillez les liens qui reviennent.

Les taux par assistant viennent de l'étude d'Ahrefs publiée le 2 septembre 2025. Elle a plus d'un an : citez-la avec sa date, pas comme l'état actuel du web. Pour situer le poids réel de ce trafic, voyez le trafic referral de ChatGPT face aux chiffres.

Quelle part des visites venues d'un assistant finit sur une 404 ?#

Ahrefs a examiné le statut http de 16 millions d'URL uniques citées par ChatGPT, Perplexity, Copilot, Gemini, Claude et Mistral. L'étude comporte deux tests, chacun avec sa base de comparaison. Le premier porte sur les URL cliquées, celles qui ont produit une visite. Le second porte sur les URL citées dans les réponses.

Assistant ou référenceTest 1, URL cliquéesTest 2, URL citées
ChatGPT1,01 %2,38 %
Claude0,58 %absent du test
Copilot0,34 %0,54 %
Perplexity0,31 %0,87 %
Gemini0,21 %0,86 %
Mistral0,12 %absent du test
Référence Google0,15 % (629 millions d'URL uniques)0,84 % (top 20 de Google)

Mistral affiche le taux le plus bas du premier test, mais Ahrefs précise qu'il envoie aussi le moins de trafic de référence : c'est le plus petit échantillon du test. Le second test ne couvre que ChatGPT, Perplexity, Copilot et Gemini, et c'est Copilot qui y affiche le taux le plus bas.

Ahrefs écrit que les assistants envoient les visiteurs vers des pages 404 2,87 fois plus souvent que Google Search. Dans le premier test d'Ahrefs, le taux moyen de tous les assistants est de 0,43 %, celui de Google de 0,15 %, et la page ne dit pas comment cette moyenne est calculée. Ce 2,87 vaut donc pour l'ensemble des assistants sur les URL cliquées. Il ne s'applique ni à ChatGPT seul, ni au second test : chaque colonne a sa propre référence Google, ne recalculez pas de ratio en les croisant.

Les limites de la méthode d'Ahrefs#

Ahrefs marque une page comme 404 probable quand son titre contient « 404 » ou « not found ». Il reconnaît que ce test n'est pas parfait : une 404 peut n'avoir ni l'un ni l'autre dans son titre. Les liens inventés qui ne reçoivent aucun clic n'apparaissent pas non plus dans les données web, si bien qu'Ahrefs juge probable de sous-estimer le total des URL inventées.

Dans le second test, le statut http n'a été relevé que pour les URL présentes dans la base de crawl d'Ahrefs : 65 % des URL citées. Côté Google, 67 % des URL du top 20 y figuraient.

Enfin, une fraction des 404 comptées peut être de vraies pages disparues, pas des URL inventées. Une 404 d'origine IA n'est donc pas forcément une adresse fabriquée par l'assistant.

D'où viennent ces adresses ?#

Google rappelle qu'une 404 peut venir de liens cassés, à l'intérieur du site ou en dehors. Pour les visites d'assistants, Ahrefs avance deux pistes, qu'il présente comme des hypothèses et n'a pas mesurées. D'abord, une partie des URL citées étaient valides avant de renvoyer une 404. Ensuite, il juge probable que ChatGPT, Claude, Copilot, Perplexity et Gemini créent des URL inventées. Il ajoute que Gemini et Perplexity, proches de la base Google dans le second test, utilisent peut-être l'index de Google pour retrouver leurs URL.

Blog du Modérateur décrit le même phénomène sur son propre site. En filtrant son trafic par source, la rédaction a identifié des centaines de visites venues d'outils d'IA générative (ChatGPT, Perplexity, Gemini ou Claude) qui atterrissaient sur des pages 404. Les adresses ressemblent à ses vrais articles, avec ses conventions de nommage et sa structure de slugs. C'est le constat d'un seul éditeur, daté de février 2026, dont les données ne sont pas publiées. Ressembler à l'un de vos articles ne prouve donc pas qu'une adresse a existé.

Quelle réponse donner à chaque URL 404 ?#

Quatre questions, dans cet ordre. Pour la page 404 elle-même, voyez pages 404, la page la plus utile de votre site. Pour son poids dans le référencement, l'article sur l'erreur 404 et le SEO fait le tour.

  1. La page a-t-elle disparu sans remplacement ? Laissez l'ancienne URL répondre 404 ou 410, ce que Google recommande pour un contenu supprimé sans remplaçant. Google n'indexe pas une URL en 4xx et retire de l'index celle qui y passe. Il écrit aussi que la 404 est souvent la bonne réponse dans ce cas, et qu'il n'est ni possible, ni utile, ni souhaitable de corriger toutes les 404 d'un site.
  2. Une page vivante traite-t-elle le même sujet ? Redirigez l'ancienne URL vers elle. Google signale que renvoyer vers l'accueil au lieu d'une 404 peut poser problème, et il réserve la redirection permanente aux cas où elle ne sera pas annulée. Semrush va plus loin : selon lui, Google peut traiter en soft 404 les redirections en masse vers des pages sans rapport, comme l'accueil. C'est l'avis de Semrush, pas une sanction annoncée par Google. Pour choisir entre 301 et 302, voyez redirection 301 ou 302, quand utiliser laquelle.
  3. Des liens externes pointent-ils vers l'adresse ? SE Ranking conseille de rediriger et de surveiller les liens qui reviennent. Semrush propose de recréer le contenu ou de rediriger en 301 pour conserver le lien. L'article de SE Ranking est signé par Victor Schmitt-Bush seul et relu par Anastasia Kotsiubynska, responsable SEO de SE Ranking, qui a repéré la tendance : dans GA4, elle a trouvé 70 fausses URL en trois mois, dont 20 avec des backlinks. C'est un cas, sur un site.
  4. Ces 404 révèlent-elles un manque de contenu ? SE Ranking propose alors de créer une page légère, de suivre ses impressions dans la Search Console et de tester la demande. Il note qu'un nombre suffisant de 404 venues directement des modèles de langage (LLM) peut signaler une intention d'utilisateur.

SE Ranking donne aussi un seuil : rediriger à partir de trois sessions, ou quand les mêmes référents reviennent. C'est une règle de praticien, tirée d'un site, et l'article reconnaît que l'écart entre une et trois visites n'est pas statistiquement solide. Je la prends comme un point de départ, pas comme une norme.

Mon penchant, lui, est net : entre une 404 franche et une redirection vers une page qui répond à peu près à la question, je garde la 404. Le cas de l'accueil, que Google signale, en est la version extrême. Dans un jeu, une porte qui s'ouvre sur un mur vide frustre plus qu'une porte verrouillée. La 404 est la porte verrouillée : elle annonce ce qu'elle est.

Deux autres mesures, sur d'autres bases#

SE Ranking a analysé 145 463 URL citées par ChatGPT, jeu final après retrait de 14 486 URL qui renvoyaient une erreur 403. Sur ce jeu final, SE Ranking compte 1,22 % de citations qui renvoient une 404. L'étude date de décembre 2025. Son dénominateur n'est pas celui d'Ahrefs : ne rapprochez pas ce 1,22 % des taux de septembre.

Go Fish Digital, dans sa revue de plus de 18 000 visites de pages d'atterrissage venues de ChatGPT, a trouvé que 3,35 % des URL recommandées n'existaient pas sur les sites concernés. La méthode et les sites examinés sont propres à l'agence : citez ce chiffre comme le sien. L'article a été publié en juin 2025 et modifié en novembre de la même année, d'après les métadonnées de la page. Sa méthode part du rapport « Landing page » de GA4 ; pour mesurer ces visites dans votre propre propriété, voyez GA4 et le canal AI Assistant.

Ces taux n'ont pas le même dénominateur. On ne les additionne pas, et on n'en tire pas de fourchette.

Ce que les journaux serveur disent de ChatGPT-User#

Selon l'agence Digitiz, de façon générale, les journaux serveur enregistrent chaque requête effectuée sur un site, y compris les erreurs 404 que les crawlers standards ne détectent pas. C'est un endroit où lister les URL en 404 de votre site. Pour les croiser avec les statistiques d'exploration de la Search Console, voyez croiser logs serveur et Crawl Stats.

Reste à savoir ce que désigne ChatGPT-User. OpenAI documente cet agent comme déclenché par un utilisateur : quand quelqu'un pose une question à ChatGPT ou à un GPT personnalisé, ChatGPT peut visiter une page avec l'agent ChatGPT-User. Sa chaîne complète contient ChatGPT-User/1.0. D'après cette documentation, une ligne à ce nom dans un journal désigne la visite du robot, pas le clic d'un lecteur. OpenAI précise que cet agent n'est pas utilisé pour explorer le web de façon automatique, et que les règles robots.txt peuvent ne pas s'appliquer à ses visites. OAI-SearchBot, lui, sert à faire apparaître les sites dans les résultats de la recherche de ChatGPT.

Le test à faire chez vous tient en trois gestes : lister les 404 qui reviennent dans vos journaux, passer chacune dans les quatre questions ci-dessus, puis noter celles où vous hésitez.

Questions & réponses#

Les assistants IA envoient-ils plus de visiteurs vers des 404 que Google ?#

Selon l'étude Ahrefs de septembre 2025, oui sur les URL cliquées : Ahrefs écrit que les assistants envoient les visiteurs vers des pages 404 2,87 fois plus souvent que Google Search, avec un taux moyen de 0,43 % contre 0,15 % pour Google. Dans ce test, Ahrefs mesure 1,01 % de 404 pour ChatGPT seul. La méthode repose sur le titre des pages, et Ahrefs juge probable de sous-estimer le total.

Une 404 venue d'un assistant est-elle forcément une URL inventée ?#

Non. Ahrefs écrit qu'une fraction de ces 404 peut être de vraies pages disparues. Ses explications sur l'origine des URL, des pages valides devenues 404 ou des adresses créées par les assistants, restent des hypothèses de son auteur, qu'il n'a pas mesurées. Pour une adresse donnée, l'historique de votre site tranche : a-t-elle existé, reçoit-elle encore des liens ?

Faut-il rediriger toutes les 404 venues de ChatGPT ?#

Non. Google écrit qu'il n'est ni possible, ni utile, ni souhaitable de corriger toutes les 404 d'un site. Quand une page a disparu sans remplacement, la 404 est souvent la bonne réponse selon Google. Une redirection 301 se justifie vers une page vivante qui traite le même sujet, et seulement si elle ne sera pas annulée.

À partir de combien de visites faut-il agir ?#

SE Ranking propose trois sessions, ou des référents qui reviennent, comme seuil pour rediriger. Cette règle vient d'un cas, sur un site, et l'article reconnaît que l'écart entre une et trois visites n'est pas statistiquement solide. Prenez-la comme un point de départ.

Les chiffres de SE Ranking et de Go Fish Digital se comparent-ils à ceux d'Ahrefs ?#

Non, chaque étude a son dénominateur. SE Ranking a analysé 145 463 URL citées par ChatGPT, jeu final après retrait de 14 486 URL qui renvoyaient une erreur 403 : 1,22 % des citations renvoient une 404. Go Fish Digital compte 3,35 % d'URL recommandées inexistantes sur plus de 18 000 visites de pages d'atterrissage, avec une méthode et des sites propres à l'agence. On ne les additionne pas.

Une ligne ChatGPT-User dans mes journaux est-elle le clic d'un lecteur ?#

Non. Selon OpenAI, ChatGPT-User est déclenché par un utilisateur qui pose une question à ChatGPT ou à un GPT personnalisé : ChatGPT peut alors visiter une page avec cet agent. Une ligne à ce nom correspond donc à la visite du robot. OpenAI précise que les règles robots.txt peuvent ne pas s'appliquer à ces visites.

Sources#

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