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SEO juridique : le schema LegalService ne t'affiche rien

SEO juridique : le schema LegalService ne t'affiche rien

Par Baptiste P.

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Baptiste P.

Tu télécharges le playbook SEO standard, tu l'appliques à un cabinet d'avocats, et là surprise : la moitié des briques sont soit cassées par Google, soit interdites par la loi. Le SEO juridique, c'est un peu comme lancer un jeu avec un patch de compatibilité qui te grise la moitié des boutons. Le schema LegalService censé te sortir de beaux résultats enrichis ? Il n'affiche rien. Les avis 5 étoiles sur ta page ? Double interdiction. Bienvenue dans le mode le plus verrouillé du référencement français.

Pour comprendre pourquoi c'est aussi serré, faut remonter le fil. Parce que rien de tout ça n'est arrivé d'un coup : c'est une série de textes et de décisions qui ont, année après année, dessiné le terrain de jeu. On y va dans l'ordre.

Remontons le fil : 2014, la pub d'avocat sort du placard#

Longtemps, un avocat n'avait quasiment pas le droit de faire sa promo. Le premier vrai déblocage arrive avec le décret n° 2014-1251 du 28 octobre 2014, pris pour l'application de la loi n° 2014-344 du 17 mars 2014 relative à la consommation. Ce texte autorise et encadre pour la première fois la sollicitation personnalisée : uniquement par courrier postal ou email, à l'exclusion de tout message envoyé sur un mobile. Donc pas de SMS, et surtout pas de démarchage physique ou téléphonique. Le porte-à-porte version robe noire, c'est mort avant même d'avoir commencé.

Neuf ans plus tard, gros reset. Le décret n° 2005-790 du 12 juillet 2005, celui que la moitié des agences web citent encore comme référence, a été abrogé le 3 juillet 2023. Remplacé par le décret n° 2023-552 du 30 juin 2023 portant code de déontologie des avocats. Si un prestataire te ressort le décret de 2005 pour cadrer ta com', il bosse avec une doc périmée depuis deux ans.

Le texte en vigueur, c'est donc l'article 15 de ce décret 2023-552. Il reprend la substance de 2014 : la publicité et la sollicitation personnalisée sont permises « si elles procurent une information sincère sur la nature des prestations de services proposées et si leur mise en œuvre respecte les principes essentiels de la profession ». Traduction : pas de comparatif avec les confrères, pas de dénigrement, et le coût de la prestation doit figurer dans une convention d'honoraires. Tu peux communiquer, mais dans un couloir très étroit.

Les avis clients : le piège en deux couches#

Là, je casse direct le réflexe le plus répandu. « Affiche tes avis clients sur ton site, mets un beau widget avec des étoiles, ça booste le SEO. » Pour un avocat, ce conseil te plante sur deux niveaux différents, et c'est assez vicieux.

Couche 1, côté Google. Depuis 2019, avec une règle réaffirmée dans la doc en décembre 2025, il existe le principe des avis « self-serving ». Si l'entité notée contrôle elle-même les avis publiés à son sujet, que ce soit via un balisage maison ou un widget tiers intégré sur son propre site, ses pages en LocalBusiness ou en Organization sont inéligibles à l'étoile de notation. Or LegalService hérite justement de LocalBusiness. Donc même avec un balisage AggregateRating techniquement nickel, ton cabinet n'aura jamais l'étoile. Le code passe la validation, mais le rendu reste à zéro.

Couche 2, côté déonto, et elle est encore plus tranchante. Le vade-mecum de la communication des avocats du CNB, 3e édition d'octobre 2023, interdit carrément de publier des témoignages clients sur le site de l'avocat, widget Google Reviews compris. L'idée : un avis client est subjectif, on ne sélectionne jamais que les positifs, ça contrevient aux principes essentiels de la profession. La nuance à retenir, c'est où passe la ligne : les avis déposés directement sur ta fiche Google Business Profile restent tolérés, parce que Google est une plateforme tierce sur laquelle tu n'as pas le contrôle éditorial. C'est l'import du témoignage sur ton site propre qui est banni, pas l'avis en lui-même sur Google. Pour l'optimisation de cette fiche, j'en parle dans mon guide Google Business Profile.

Petite précision qui surprend souvent : noter et comparer des avocats reste parfaitement légal… pour les autres. La Cour de cassation l'a tranché le 11 mai 2017 (arrêt n° 16-13.669) : les sites tiers non soumis à la déontologie peuvent classer des avocats, à condition de délivrer une information loyale, claire et transparente. Ce que tu ne peux pas faire chez toi, un annuaire externe a le droit de le faire chez lui. Cherchez la logique.

Le schema LegalService : joli sur le papier, invisible dans Google#

On arrive au cœur du mythe. Schema.org définit bien un type dédié : LegalService, décrit comme « a business that provides legally-oriented services, advice and representation, e.g. law firms ». Il hérite à la fois de Organization et de Place via LocalBusiness, avec des sous-types plus précis comme Attorney ou Notary. Le balisage existe, il est propre, il aide Google à structurer tes infos. Jusque-là, rien à jeter.

Le problème, c'est ce que ça déclenche visuellement dans les résultats : rien. La galerie officielle des résultats enrichis de Google ne recense ni LegalService, ni Attorney. Les seuls types qui s'appliquent à un cabinet sont génériques, pas juridiques : Local business, Organization, Profile page, Q&A, Review snippet. Aucun badge dédié à la profession n'existe. Si une agence te vend des encarts flashy « spécial avocat » grâce au schema, elle te vend du vent. Le mécanisme réel des données structurées, je le détaille dans mon guide dédié.

Et le dernier enrichissement sur lequel beaucoup misaient encore, le rich result FAQPage, a rendu l'âme. Depuis le 7 mai 2026, les résultats enrichis FAQ n'apparaissent plus dans Google Search. Le balisage reste valide chez Schema.org et lisible par d'autres crawlers, mais côté Google, plus aucun extrait. Et franchement, pour le juridique, ça ne change même pas grand-chose : entre août 2023 et cette suppression totale, le FAQ rich result était déjà réservé aux sites gouvernementaux et de santé faisant autorité. Un cabinet d'avocats n'y avait de toute façon jamais accès. J'ai décortiqué cette disparition dans mon papier sur la fin des FAQ.

Je vais être honnête, il y a un point où je coince encore : difficile de dire si Google finira un jour par lire ce balisage LegalService pour nourrir ses réponses génératives. Pour l'instant, aucune preuve solide dans un sens ou dans l'autre. Alors je balise quand même, par hygiène, sans en attendre de miracle visible.

Alors, tu mises sur quoi ?#

Si tu ne peux ni acheter des étoiles, ni afficher des témoignages, ni compter sur un rich result maison, il te reste le seul levier qui tient vraiment debout : la confiance. Google range le juridique dans les sujets YMYL, ceux qui touchent à l'argent, aux droits, à la vie des gens. Sur ces thématiques, il pousse le contenu qui aligne un E-E-A-T solide. Et depuis décembre 2022, un premier « E » a été ajouté à l'acronyme : Experience. Concrètement, ça valorise le contenu écrit à partir d'une expérience de terrain, dossiers réels à l'appui, pas juste de la théorie recopiée. Sur un cabinet, ça veut dire montrer du vécu, des cas traités, une vraie signature d'auteur. Je creuse ce virage dans mon analyse du critère Experience.

Reste ta fiche Google Business Profile, autorisée mais tenue en laisse par l'article 10 du RIN : c'est un outil d'information, pas de sollicitation active. Infos factuelles, coordonnées, spécialités, et basta. Pas de slogan promo, pas de promesse de résultat, ton sobre et neutre. Et n'oublie pas l'article 10.5 : quand tu ouvres ou modifies sérieusement ton site, tu dois en informer sans délai le Conseil de l'Ordre et lui communiquer tes noms de domaine, sachant que le domaine doit porter ton nom ou celui du cabinet. Au passage, les liens vers des sites marchands y sont interdits. Le RIN, lui, reste bien en vigueur en 2026 : le CNB a ouvert une consultation jusqu'au 29 mai 2026 pour y intégrer, à droit constant, les dispositions du décret 2023-552.

Bilan des courses : le SEO d'un avocat, c'est le même moteur que partout ailleurs, mais avec la moitié des cheats désactivés et un game master qui te surveille. Pas de raccourci payant, pas de widget d'avis, pas de badge magique. Juste du contenu qui prouve ton expertise, une fiche irréprochable, et le respect scrupuleux de ta déonto. C'est plus lent, c'est plus exigeant, et pour une profession qui engage des gens à des moments critiques de leur vie, c'est probablement très bien comme ça.

Sources#

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