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92% des agents ChatGPT passent par Bing Search API

92% des agents ChatGPT passent par Bing Search API

Par Guillaume P.

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Guillaume P.

Le vieux réflexe « je fais du SEO, donc je pense Google » vient de prendre un coup. Selon une étude Search Engine Land publiée le 8 octobre 2025, 92 % des actions menées par les agents ChatGPT passent par la Bing Search API, pas par le SERP Google classique. Jes Scholz a testé plus de 100 conversations en mode agentique (shopping, voyage, restaurants, emploi) et observé 250+ visites de sites. Le pattern est net : quand ChatGPT Agent cherche une info, il tape dans l'index Microsoft.

Spoiler : non, ça ne tue pas le SEO Google. Mais ça ouvre un deuxième front que trop de sites ignorent encore.

Le 92 % : d'où ça sort vraiment#

Un fait, une source, une date. Le chiffre vient de Jes Scholz, Search Engine Land, 8 octobre 2025. Pas d'une annonce Microsoft ni d'un communiqué OpenAI. C'est une observation terrain sur le mode agentique de ChatGPT, celui qui réserve un restaurant ou compare trois appartements à votre place. Dans ce mode, l'agent ne visite pas un SERP Google avec ses publicités et ses rich results. Il tape dans la Bing Search API, qui renvoie du JSON brut, sans ads, sans featured snippets, avec ses propres critères de sélection.

Deux autres chiffres tirés de la même étude valent le détour :

  • 63 % : taux de sélection du premier résultat par l'agent
  • 46 % : part des visites faites en mode lecture (HTML brut, sans CSS ni JS)

Autrement dit : l'agent clique sur le premier lien presque deux fois sur trois, et il lit la page comme un crawler, pas comme un humain. Votre JavaScript client, vos animations Framer, vos hero images 2 Mo : il s'en fout. Il veut du HTML parseable et il le veut vite.

Une source concurrente (Trackboxx, citant la doc OpenAI Dev 2024) donne 98 % plutôt que 92 %. Méthodologies différentes, périmètres différents. Je retiens le 92 % parce que la méthodo est documentée et vérifiable. Le message reste le même dans les deux cas : Bing est le robinet.

Nuance critique : Bing exclusif, vraiment ?#

Officiellement, oui. Le Help Center OpenAI est clair : « The only third-party search provider used for ChatGPT Enterprise and Edu workspaces is Bing ». Et le partenariat Microsoft-OpenAI a été prolongé jusqu'en 2032 le 28 octobre 2025, avec accès préférentiel aux modèles frontier pour Bing AI et Copilot.

En pratique, c'est plus flou. Deux tests indépendants menés en juillet-août 2025 par Abhishek Iyer (ACME.BOT) et Brian Dean (Backlinko) ont mesuré un overlap de 1.0 entre les résultats ChatGPT Plus et le SERP Google (notamment via le paramètre srsltid qui trahit la source). Traduction : ChatGPT Plus (le produit grand public) récupère aussi des résultats Google, malgré le partenariat officiel Bing. OpenAI a par ailleurs ajouté Google Cloud à son infrastructure en juillet 2025, ce qui brouille encore la photo.

Honnêtement, je sais pas trop où ça ira. Ma lecture : Bing reste l'infrastructure dominante, mais « exclusif » n'est pas exact pour ChatGPT Plus. L'AGI n'y changera rien, le droit de la concurrence oui.

Pourquoi c'est un vrai sujet business#

Regardez les volumes de crawl, pas seulement les parts de marché SERP. L'étude Alli AI (avril 2026, 24 411 048 requêtes HTTP analysées sur 69 sites et 78 000+ pages, période du 14 janvier au 9 mars 2026) a mesuré que le bot ChatGPT-User seul crawle 3.6x plus que Googlebot. Agrégé, l'IA génère 213 477 requêtes contre 59 353 pour les moteurs traditionnels sur cette cohorte. Cloudflare Radar enfonce le clou : GPTBot a vu son volume de requêtes bondir de 305 % entre mai 2024 et mai 2025, passant de 2,2 % à 7,7 % du trafic crawler mondial. ChatGPT-User, lui, a explosé de 2 825 % sur la même période.

Côté distribution, ChatGPT pèse 60,2 % du marché des chatbots génératifs aux États-Unis en avril 2026 (First Page Sage), et son trafic referral sortant a grimpé de 206 % en un an (Semrush, panel 200M utilisateurs, janvier 2025 vs janvier 2026). Résultat : votre site peut recevoir plus de visites d'agents IA que de Googlebot, et vous n'êtes peut-être pas indexé dans Bing correctement.

En clair : si vous ne passez pas dans l'index Bing, ChatGPT ne vous voit pas. Point.

Ce que ça change concrètement pour votre SEO#

La base n'a pas bougé. Mais la hiérarchie des priorités oui.

  1. Bing Webmaster Tools en baseline, plus en option. Il y a un import direct depuis Google Search Console via OAuth (jusqu'à 100 sites, sitemaps inclus). Ça prend dix minutes. Faites-le cette semaine. Le tableau de bord 2026 inclut un AI Performance Report en bêta (premier acteur à séparer les citations IA de la search traditionnelle), et les requêtes ne sont pas anonymisées comme dans GSC.
  2. IndexNow activé. Bing, Yandex, Naver, Seznam, Yep l'ont adopté. Google non. 5+ milliards d'URLs soumises par jour en 2026 (contre 3,5 milliards en 2024). Vous pouvez pousser jusqu'à 10 000 URLs par jour vers Bing. Sur WordPress 2010, j'avais un plugin XML-RPC qui pingait Technorati : IndexNow c'est la même idée, en propre.
  3. HTML parseable sans JS. 46 % des agents lisent en mode brut. Si votre contenu est rendu client-side uniquement, il n'existe pas pour eux. SSR ou SSG, pas le choix.
  4. Optimiser pour le critère Bing, pas Google. Les meta descriptions sont un signal de classement chez Bing (contrairement à Google). Les signaux sociaux Facebook comptent. Le mobile-first et les Core Web Vitals pèsent moins. Pas besoin de refaire votre site, juste savoir sur quel levier tirer quand vous optimisez pour Bing.
  5. Surveiller son AI Brand Score. Voir mesurer sa visibilité dans les réponses IA pour la méthodo. C'est la seule façon de savoir si vos efforts Bing se traduisent en citations ChatGPT.

Détail qui m'a fait tiquer : ChatGPT n'active sa search que sur 34,5 % des requêtes utilisateurs en février 2026 (Semrush), contre 46 % fin 2024. Le modèle répond de plus en plus depuis sa mémoire paramétrique. Ce qui veut dire que la bataille ne se joue pas seulement dans l'index Bing, mais aussi dans les données d'entraînement. Sujet pour un autre article.

La part de marché Bing ne veut plus rien dire#

Statcounter donne 5,89 % à Bing sur le marché search France en mars 2026, contre 86,81 % à Google. Pendant des années, on a regardé ce chiffre pour justifier d'ignorer Bing. Erreur de lecture en 2026.

La vraie question n'est plus « combien d'utilisateurs tapent sur bing.com ? » mais « combien d'agents IA tapent sur l'index Bing ? ». Via ChatGPT (et ses 60 %+ de part de marché chatbots aux États-Unis), via Copilot, via Perplexity pour partie, Bing alimente une audience bien au-delà de ses 5,89 % directs. C'est un pipeline B2B invisible qui draine vers votre site sans que vous le voyiez dans Analytics sous l'étiquette « bing.com ».

Les premiers crawlers des années 2000 (AltaVista, HotBot, Inktomi) tapaient tous sur des index indépendants. On est revenus à ça, sauf qu'au bout du tuyau il y a un modèle de langage au lieu d'une page de résultats. Le SEO Bing en 2026, c'est le SEO AltaVista de 2002 : un marché de niche qu'on ignorait, qui redevient stratégique par la bande.

Le bon réflexe maintenant#

Si vous avez une seule chose à faire cette semaine : créer un compte Bing Webmaster Tools, importer votre GSC, poser IndexNow. Budget : une demi-journée. Gain : votre site existe pour ChatGPT Agent.

Pour la suite, j'ai détaillé la stratégie Bing + Perplexity dans être visible hors Google, et le bloc technique crawl IA dans GPTBot, ClaudeBot, Bytespider : bloquer ou autoriser. Sur l'angle « comment apparaître dans les réponses », le guide pratique ChatGPT et Perplexity reste valable, à lire avec le recul du 92 %.

Verdict : Google reste le trafic principal, Bing devient le trafic IA. Deux canaux, deux stacks, deux stratégies. Ceux qui font les deux gagnent. Ceux qui font encore semblant d'ignorer Bing vont sortir des réponses ChatGPT sans même le savoir.

Sources#

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