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Corot le chercheur d'exoplanètes et d'étoiles décollera ce soir - 27 décembre 2006 - 10:22 (Par Etienne Jean de la Perle)
Le week-end de Noël a été chargé pour les équipes de Baïkonour. Le lanceur COROT, chercheur d'exoplanètes et d'étoiles, a en effet été transféré sur son pas de tir le 24 décembre dernier suivant des rituels russes immuables. Le satellite est surveillé de près et la météo favorable pour un lancement toujours prévu ce 27 décembre, un lancement attendu avec impatience par l'Europe selon l'Agence spatiale européenne (ESA). Le satellite COROT, dont le lancement est prévu ce 27 décembre, est chargé d'une mission d'astronomie inédite dont l'objectif est double : détecter des exoplanètes dans d'autres systèmes solaires et étudier les mystères que recèle le cœur des étoiles. Cette mission conduite sous l'égide du Centre national d'études spatiales (CNES) est menée en coopération internationale avec la participation de l'Agence spatiale européenne (ESA) et de divers pays en majorité européens.. Tandis que le CNES achève les préparatifs du lancement de COROT, « Du cœur des étoiles aux planètes habitables », à Baïkonour (Kazakhstan), l'ESA et les nombreux chercheurs européens associés à la mission attendent impatiemment le décollage puis l'arrivée des premiers résultats scientifiques.
COROT est l'abréviation de « COnvection, ROtation et Transits planétaires », ce qui correspond aux objectifs scientifiques de la mission. « Convection et rotation » font référence à la capacité du satellite de sonder l'intérieur des étoiles pour étudier les ondes acoustiques qui se propagent à leur surface, une technique dénommée sismologie stellaire ou « astérosismologie ». « Transit planétaire » évoque la technique utilisée pour détecter la présence d'une planète en orbite autour d'une étoile grâce à la diminution de luminosité qu'elle provoque en passant devant l'étoile. Pour remplir ses deux objectifs scientifiques, COROT observera plus de 120.000 étoiles à l'aide de son télescope de 30 cm de diamètre. COROT sera placé par un lanceur Soyuz sur une orbite circulaire polaire inertielle (inclinaison 90 degrés) d'altitude 896 km. Afin de ne pas être gêné par la lumière parasite terrestre (diffusée par le limbe éclairé), la zone de ciel visée est dans la direction équatoriale. Deux fois par an, lorsque le soleil se rapproche du plan de l'orbite et risque donc d'éblouir l'instrument, le satellite effectue une manœuvre de basculement, divisant l'année en deux périodes d'observation de 6 mois, appelées par convention été et hiver. COROT va révolutionner la recherche de planètes autour d'autres étoiles que notre Soleil. Au cours des 10 années qui ont suivi la découverte en 1995 de la première exoplanète, 51 Pegasi b, 200 autres planètes ont été détectées par des observatoires terrestres. Le satellite COROT devrait en découvrir bien d'autres pendant sa mission de deux ans et demi et repousser les limites de nos connaissances en nous permettant de découvrir des planètes de plus en plus petites. La plupart des planètes qui seront détectées par COROT seront probablement des mondes gazeux, de type « Jupiter chaud ». Mais on s'attend également à la découverte de planètes telluriques, sans savoir dans quelle proportion, dont certaines pourraient être à peine plus grandes que la Terre (voire plus petites), constituant ainsi une nouvelle catégorie de planètes. Lorsqu'il braquera ses instruments sur une étoile, COROT pourra également observer des « séismes stellaires », ces ondes acoustiques provenant des profondeurs de l'étoile qui se propagent à la surface de celle-ci, modifiant sa luminosité. La nature de ces vibrations permettra aux astronomes de déduire avec précision la masse, l'âge et la composition chimique des étoiles. La mission COROT a été à l'origine proposée par le CNES en 1996, qui s'est mis à la recherche d'éventuels partenaires européens en 1999. En 2000, le CNES a donné le feu vert à la construction du satellite et il dirige aujourd'hui la mission. Ses partenaires internationaux sont l'ESA, l'Autriche, la Belgique, l'Allemagne, l'Espagne et le Brésil. Le CNES assume la responsabilité de l'ensemble du système et du contrat de lancement, conclu avec la société franco-russe Starsem, qui fournit les services d'un lanceur Soyouz. L'ESA joue aussi un rôle important dans cette mission. L'Agence spatiale européenne a en effet fourni l'optique du télescope, installée au cœur du satellite, et a réalisé des essais de la charge utile. Retrouvez toutes les actualités de l'Internet, de l'informatique, des sciences du jour
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