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Hacking sur Internet une pratique qui a une incidence sur l'économie générale - 11 juillet 2006 - 09:20 (Par Yannick Chatelain)
Hacking sur Internet - Management de l'innovation, Internet et déviance, une typologie pour l'intégration des logiques hackers par les entreprises. Cette thèse propose une analyse empirique de l'impact et de la gestion de la transgression sur ce qui a été présenté comme la « nouvelle économie ». Elle analyse le jeu des acteurs face à une forme de déviance qui s'exprime hors de l'organisation : le « hacking » ou « hackerisme » Une pratique qui a une incidence forte sur l'économie générale, même si quelques secteurs sont plus souvent mis en avant que les autres, citons par exemple les secteurs de l'édition musicale et des logiciels. Cette thèse invite les théories de l'innovation à compléter leurs champs d'investigations et à réfléchir aux modes de gestion d'une déviance « externalisée », et ce, dans un cadre qui a profondément évolué du fait de son évolution de statut dans le courant des années 1990. En effet le statut de l'innovation dans la stratégie a changé. Comme le souligne OUAHIOUNE H (2001). « C'était essentiellement une arme de croissance, réservée aux plus entreprenants. C'est devenu une condition de survie. Dans des marchés saturés confrontés à la guerre des prix et aux " restructurations ", la création intellectuelle et l'innovation constituent la seule perspective de poursuite durable de l'activité. Si L'innovation était rare et ponctuelle, elle devient fréquente, si l'innovation était localisée, elle se généralise dans le tissu industriel.
Elle concernait principalement certains secteurs, relevant de techniques, de marché ou de traditions artistiques spécifiques où créateurs et concepteurs avaient une place, un statut, des contributions et des façons de travailler reconnues. Aujourd'hui, cette place de l'innovation est plus diffuse : elle concerne d'abord tous les secteurs, elle se propage ensuite dans l'ensemble des filières industrielles par les mécanismes de partenariat et de conception en réseaux. » Les années 1980 et 1990 ont vu l'affirmation d'un courant théorique adoptant une visée plus directe de compréhension et de modélisation des processus créatifs collectifs. Le changement de vocabulaire du " management de l'innovation " vers le " management de projet " et de la " conception " signale cette évolution : il qualifie non plus le résultat - l'innovation - mais l'activité collective qui le produit - le projet et la conception. » par ailleurs la place dans l'activité collective innovante de la déviance est prégnante. La déviance comme partie intégrante du process d'innovation dans l'entreprise a été mise en exergue par de nombreux auteurs (ALTER 1990) dans le cadre d'organisation traditionnelle pré-internet. BAHRAMI et EVANS (1989) ont mis en exergue la nécessité d'adapter des systèmes régulés aux innovations, l'acceptation de l'expression de la déviance est l'exemple de 3M comme le souligne ROMELAER.P (2002) « certains dispositifs de gestion réalisent cette adaptation, en particulier la méthode utilisée par l'entreprise 3M qui permet à toute personne ayant une idée d'innovation de la présenter hors du cycle de décision concernant les budgets d'investissements ». L'arrivée des nouvelles technologies, et notamment d'Internet, a profondément bouleversée les structures dites traditionnelles, qui sont devenues, pour reprendre le paradigme des structures « augmentées » (MACKAY, et al. 1992), rappelons que le concept de réalité augmentée a été évoqué par SUTHERLAND (1966), l'un des pères de l'informatique graphique dès la fin des années soixante. Ce terme barbare ne vise pas à fournir à la vision de tout un chacun une image totalement artificielle comme le fait la réalité virtuelle, mais à compléter sa perception du réel par l'adjonction d'images et d'informations.) ; Ces structures, si elles ont appris à composer avec les déviances en interne, sont confrontées à une nouvelle forme de déviance qui s'exprime de façon externe. Cette déviance externe, source majeure d'incertitude, est liée principalement au réseau des réseaux. Le phénomène hackers, que nous évoquons en ces termes, est aujourd'hui un phénomène reconnu et de dimension internationale (WEIZENBAUM 1976) qui concerne les organisations. On constate à ce jour un refus de cette déviance s'exprimant par une stigmatisation médiatique régulière du phénomène : « Pirates », « voyous du net », « responsable de vol de cartes bancaires » « cybercriminels » sont autant de propos récurrents tenu sans nuances à leur égard, et qui font par ailleurs le succès des ouvrages surfant sur cette craintes d'agression comme « Stratégies Anti hackers » (RUSSEL 2002), « halte aux hackers » (MC CLURE et al., 2002), « Hackers attention danger » (COLE 2001) quand ces propos ne sont parfois le reflet que d'un amalgame opportuniste (le sensationnalisme fait vendre) ou d'une méconnaissance (parfois) de la structuration de la communauté hackers qui peut expliquer un mode de traitement manquant de nuances. Les choses sont plus complexes. Pour ébaucher une définition, Selon TORVALDS (2001), « Voyous piqueurs de numéros de cartes de crédit et d'intrusion sauvage sont appelés «crackers». Les vrais hackers se battent pour la liberté de la toile et son usage démocratique ». C'est cette dimension du hacking qui nous intéresse ; Nous nous sommes interrogés tant sur l'impact de cette forme de déviance sur les organisations que sur les raisons de sa stigmatisation. Ces investigations nous permettrons en définitive d'envisager l'éventualité de voie(s) d'intégration constructive(s) de cette déviance externe. Comme le souligne HIMANEN (2001 a) c'est aujourd'hui leur mode de pensée et de travail, leur rapport au temps, à l'argent, et de façon beaucoup plus large leur rapport aux autres qui impact fortement la société, et de façon plus restreinte ce que nous appellerons la Nouvelle Economie telle quelle elle est apparue avec les NTIC : porteuse de nombreux espoirs mais peu mature. Cette nouvelle économie se révélerait alors, dans cette perspective, n'être qu'une étape transitoire vers une forme évoluée de Nouvelle Economie fondée sur une modification radicale des logiques marchandes jusqu'alors connues. Modification liée à l'évolution pressentie du mode de gestion par les structures de cette communauté. Comme le souligne HIMANEN (2001 b): « s'adapter à la nouvelle économie ne signifie pas simplement ajouter une page Internet à l'ancien mode de fonctionnement, cela signifie une mise à plat du processus dans son ensemble » selon LAZZARTO (2002) " L'échec de la net économie est dû à la résistance à la valorisation capitaliste (arrivée en bonne dernière, voulant rafler la mise d'un travail collectif) que posent l'éthique hacker et l'éthique de l'usager, fondées sur d'autres principes que celui de l'appropriation exclusive", LAZZARTO affirme que. "La communication rhizomique du Web" (en réseaux capillaires), non seulement dessine le "contour d'une autre mondialisation", mais révèle aussi "l'œuvre d'un immense travail qualifié qui, comme le travail bénévole et associatif, ne s'échange avec rien, sinon le désir de communiquer, d'agir ensemble, de se socialiser et de se différencier, non par l'échange de services, mais par des relations "sympathiques"". Pour MOULIER BOUTANG Y (2002), c'est l'émergence d'un troisième capitalisme, le capitalisme cognitif. Selon lui, cette "révolution technologique" est la conséquence d'une mutation du salariat, fruit d'un basculement du capitalisme industriel « un basculement du monde » dit BEAUD M (1997). BOUTANG souligne que « lorsque le capitalisme marchand eut de plus en plus de mal à faire fonctionner le travail dépendant réduit à l'esclavage ou asservi, il fut contraint de faire place progressivement au salariat libre » qui s'appuie sur le travail salarié, vers un "capitalisme cognitif", reposant sur la production et l'échange de savoirs et les processus d'intelligence collective. Comme le souligne JOLLIVET (2002) « Les hackers, malgré leur éthique originale et leurs comportements " alternatifs ", ne sont donc pas pour autant des " martiens ", des êtres improbables et étranges, nécessairement minoritaires, que l'on peut observer parfois à la marge du système capitaliste. Ils présentent de nombreuses similitudes avec des personnages généralement considérés comme " normaux " - du moins qui bénéficient de reconnaissance institutionnelle - et qui sont reconnus comme jouant un rôle déterminant dans nos économies contemporaines fondées sur la connaissance et l'innovation : les scientifiques et chercheurs, qui habitent le monde dit académique. Hackers et scientifiques partagent une éthique proche, fondée sur le partage, la passion, et l'absence de propriété vis-à-vis de la connaissance crée. En ce sens, chercheurs, scientifiques et autres travailleurs intellectuels pourraient tous entonner de concert un " nous sommes tous des hackers !" . Thèse de Doctorat (Doctorate of Business Administration) University of Newcastle upon Tyne (Juillet 2006). Yannick Chatelain Grenoble Ecole de Management.
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