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Le Hamas se rend en Suède la France critique la délivrance du visa - 06 mai 2006 - 09:10
La France a implicitement critiqué hier la délivrance par la Suède d'un visa à un ministre palestinien membre du Hamas, un mouvement classé parmi les organisations terroristes par l'UE. En effet, la Suède n'a pas consulté ses partenaires européens avant d'octroyer un visa à Atef Edwane, ministre d'Etat pour les Affaires de réfugiés, selon le porte-parole français du ministère des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi. Aujourd'hui, M. Atef Edwane, membre du gouvernement du Hamas, se rendra en Suède, par ailleurs membre de Schengen, avec un visa fraîchement tamponné par les autorités suédoises. Pour le porte-parole français du ministère des Affaires étrangères, « Nous refusons de délivrer des visas à des membres du Hamas. Vous savez qu'il y a eu des premières discussions au sein de l'Union européenne, qu'il y aura de nouvelles discussions au Conseil Affaires générales et Relations extérieures, le 15 mai à Bruxelles. Notre position est, dans l'attente de ces discussions, qu'il n'y a pas lieu de délivrer des visas à des membres du Hamas. C'est la position de la France.'' Il ajoute que ce n'est pas lui de juger si le fait que la Suède ait délivré ces visas au Hamas pourraient avoir des conséquences pour la lisibilité de la politique étrangère suédoise et européenne. « Il y a une position qui a été adoptée par l'Union européenne »
L'Ambassade de France en Suède a déclaré hier matin que si la France avait eu connaissance via le système de Schengen de cette demande de visa, elle aurait refusé ce visa. « C'est un point un peu technique. Il y a normalement une consultation des partenaires européens qui se fait dans un cadre Schengen et qui est une consultation de routine. Un pays qui souhaite délivrer un visa procède à une consultation de routine dans le cadre du système d'information Schengen. Il semble qu'en espèce il y ait eu en effet de la part de la Suède une consultation de routine qui ait été faite. Concernant un ministre, et en particulier un ministre du Hamas, il avait normalement été convenu, s'agissant des aspects politiques, qu'il y ait une consultation plus spécifique qui soit faite auprès des partenaires européens. » « Je dirais qu'il y a eu une consultation un peu classique dans le cadre du système d'information Schengen et qu'à notre connaissance il n'y a pas eu de consultation spécifique sur les aspects plus politiques. Le système d'information Schengen donne lieu à une consultation qui concerne surtout les aspects de sécurité. Nous avons des noms qui arrivent. Nous vérifions que ces noms ne figurent pas sur des listes et ne présentent pas de risque en matière de sécurité. Il est évident que le problème, dans ce cas, était plus un problème de nature politique, lié à la position de l'Union européenne sur ces questions. » « La position européenne doit être rediscutée le 15 mai. Nous sommes donc dans une situation dans laquelle nous avons dit que nous n'aurions pas de contact avec le Hamas. Ensuite, il y a des demandes de visas et il faut bien se prononcer sur ces demandes de visa. Concrètement, ce que nous avons mis en place est une procédure un peu spécifique qui fait que lorsqu'un responsable du Hamas, qu'il soit ministre ou qu'il soit un responsable à un autre niveau, demande un visa, il y a une consultation entre les capitales européennes. On voit quel est l'avis des uns et des autres et on décide. Mais cela reste du cas par cas. Il n'y a pas de lignes directrices très précises à ce stade. On décide ou non d'accorder le visa. C'est une décision politique qui a des implications pratiques mais qui n'est pas complètement figée et qui doit être rediscutée le 15 mai. » Il précise que l'on ne sait pas quel type de visa exactement les autorités suédoises ont délivré. C'est un point à vérifier. Il y a certains visas qui ont une portée territoriale limitée et il y en a d'autres qui valent pour l'ensemble de l'espace Schengen et j'avoue qu'en l'occurrence je ne sais pas quelle sorte de visa a été délivré, donc je vous réponds assez prudemment sur ce sujet. » Autrement dit, si cette personne du Hamas, munie de son visa Schengen délivré par la Suède, voulait se rendre dans un autre pays de l'Union européenne, techniquement, on ne sait pas si ce serait possible, « si c'est un visa Schengen valable pour l'espace Schengen, en théorie, la personne peut circuler d'un pays à l'autre. » Le porte-parole signale que « ce qui est important, c'est qu'il y a des lignes directrices qui ont été définies par l'Union européenne et qui portent sur les personnes appartenant au gouvernement du Hamas ou appartenant au mouvement Hamas. Je pense que cela vaut quelle que soit la façon dont elles présentent leur demande de visa. » mais il tempère en ajoutant l'acceptation ou le refus d'un visa « est une appréciation politique dans cette affaire. C'est une appréciation au cas par cas, en fonction aussi des responsabilités qu'exercent les personnes concernées. » « Cela dépend de ce que l'on entend par quelqu'un du Hamas. Il y a forcément un degré d'appréciation à avoir. Il est évident qu'un membre du gouvernement appartient au Hamas. Pour d'autres responsables, il n'y a pas de doute. Mais nous n'avons pas un grand fichier avec tous les gens affiliés de près ou de loin au Hamas. Cela suppose donc une appréciation au cas par cas. » Il ajoute qu'à « l'occasion de sa rencontre avec le président Mahmoud Abbas, le président de la République avait émis une proposition, qui consiste à avoir un fonds fiduciaire, qui soit géré par exemple par la Banque Mondiale et qui permette de payer les salaires des fonctionnaires palestiniens. Depuis cette rencontre, le président de la République a saisi par lettre, lettre qui a été rendue publique, tous nos partenaires européens, ainsi que nos partenaires du Quartet et la Banque Mondiale. Nous sommes pour l'instant dans cette phase de consultation. Je n'ai pas encore de retour sur les réactions des uns et des autres. Ce sera évoqué bien évidemment en marge des discussions à New York. Vous savez qu'il y a une réunion du Quartet qui est prévue le 9 mai, à New York dans l'après-midi, et c'est à ce moment-là que nous allons voir quelle est la réaction des uns et des autres à cette proposition. Je vous rappelle par ailleurs qu'il y avait eu une réunion à Londres, le 27 avril, des principaux bailleurs de fonds. L'idée du président de la République est une idée que le Président a mis sur la table et qu'il souhaite promouvoir, qui n'est pas une idée qui arrive comme cela. On voit bien qu'il y avait une réflexion qui était engagée, qu'il y avait des interrogations, pas seulement du côté français, mais aussi du côté de l'Union européenne et chez beaucoup de nos partenaires, sur la nécessité de trouver des moyens pour continuer d'acheminer l'aide aux Palestiniens sans passer par le gouvernement du Hamas. C'est l'une des possibilités qui a été évoquée. » A la question d'un journaliste qur le refus par les Américains du plan de la Banque Mondiale et le fait que le Hamas ait dit qu'il n'acceptait pas que cela se passe sans lui, le porte-parole signale qu'il n'a pas « vu que les Américains aient refusé cette proposition. Le président Bush a été destinataire d'une lettre du président de la République. Je pense qu'il y a une réflexion du côté américain. Je n'ai pas vu de réponse à cette lettre et je n'ai pas vu de refus de la part des Américains. Le ministre en parlera à Mme Rice lors du dîner bilatéral qu'ils auront mardi soir. Nous allons donc parler de cette idée avec nos amis américains. Je n'ai pas vu non plus un refus explicite de cette proposition par le Hamas. Je crois que le Hamas a laissé entendre qu'il serait prêt à faire preuve d'une certaine souplesse. Il comprend bien qu'il y a une nécessité que l'aide européenne continue de parvenir aux populations palestiniennes. Il me semblait plutôt avoir vu, de la part du gouvernement du Hamas, l'annonce d'une certaine souplesse sur ce point. » Il insiste que la fait qu'actuellement la « France ne dialogue pas avec le Hamas. » Comme la Suède a commencé à délivrer des visas aux membres du Hamas, la position commune de l'Union européenne ne sera pas un alignement sur la ligne suédoise, car dans « l'Union européenne, personne ne s'aligne sur personne. On discute et on arrive à une position. Il y a déjà une position de l'Union européenne. Si vous reprenez les conclusions du dernier Conseil Affaires générales et Relations extérieures du 10 avril, il y a une position de l'Union européenne. »
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