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Hamas le représentant n'est pas le bienvenu en France - 25 avril 2006 - 19:00
A la question d'un journaliste « Confirmez-vous l'arrivée de M. Salah Bardawil, représentant du Hamas, dimanche 30 avril à Ivry, pour une conférence sur la Palestine ? Il sera accompagné de M. Rabah Mihana, membre du Bureau politique du FPLP. Confirmez-vous l'obtention de M. Bardawil d'un visa pour la France ? » Pour le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, « Sur cette affaire de visa, vous avez vu que nous avons refusé un visa au ministre palestinien du Plan, qui venait participer au premier forum du dialogue euro-arabe. Nous l'avons fait d'abord parce qu'il participe au gouvernement du Hamas et, ensuite, parce qu'il venait participer à cette manifestation parrainée par le président de la République et à laquelle le ministre participe. Il ne nous a donc pas paru opportun de donner suite à cette demande de visa. Pour les autres demandes, une concertation est en cours avec nos partenaires européens et, à l'heure où je vous parle, je ne connais pas le résultat de cette concertation […] La Norvège a manifesté, semble-t-il, l'intention de donner un visa et d'accueillir ces personnes sur son territoire. La Norvège est dans l'espace Schengen. Elle n'est pas dans l'Union européenne, mais elle est liée par les mécanismes de consultation Schengen.
Selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères le représentant du Hamas ne pourra pas venir en France « puisqu'un pays peut choisir de délivrer un visa qu'on appelle un VTL, un visa territorialement limité, pour son seul territoire. Mais, encore une fois, sur ces affaires de visas pour des responsables du Hamas, nous sommes en concertation avec nos partenaires européens et je vous dirai un peu plus tard ce qu'il en est. » « Etes-vous au courant de la situation sanitaire chez les Palestiniens, surtout à Gaza ? Ce matin, le directeur de l'hôpital de Shifa a lancé un appel au secours. Il paraît que d'ici quelques jours, il n'y aura plus de possibilités de soigner les malades palestiniens, surtout les cancers. La France est d'accord pour l'aide sanitaire. Cette aide est-elle toujours bloquée ? » Pour le ministère des Affaires étrangères « Nous sommes très sensibles à cette situation. C'est un hôpital que le ministre avait lui-même visité lorsqu'il s'était rendu à Gaza. Nous sommes évidemment très sensibles à la situation des populations palestiniennes, y compris en matière sanitaire. On voit effectivement un certain nombre d'informations qui sont préoccupantes. C'est pour cela qu'il faut trouver assez vite des solutions. Vous avez vu les déclarations que le président de la République a faites au Caire, je crois qu'elles sont parfaitement claires. Nous ne souhaitons pas asphyxier les populations palestiniennes. Nous ne souhaitons pas les conduire dans la situation que vous décrivez. Nous ne souhaitons pas jouer la politique du pire. Il est clair qu'il faut trouver des mécanismes permettant le plus possible de préserver l'aide européenne qui va aux populations palestiniennes. Pour une partie de l'aide, il n'y pas de problème : toute l'aide qui transite par l'UNWRA, par les ONG, cela ne suscite pas de problème particulier. En revanche, on sait qu'il y a une partie de l'aide, notamment celle qui allait directement à l'Autorité palestinienne, pour laquelle il y a des questions qui se posent. M. Abbas sera à Paris jeudi et vendredi, il va rencontrer le président de la République. Il rencontrera également le ministre, qui reviendra de Sofia pour le voir. Ce sera l'objet principal de cette rencontre : comment nous allons travailler avec l'Autorité palestinienne, avec le président de l'Autorité palestinienne, pour voir comment une partie de l'aide peut transiter par ce canal, sans avoir à transiter par le gouvernement du Hamas. » A la question, « L'aide va-t-elle continuer ou sera-t-elle stoppée ? Est-elle gelée ? » « Pour l'instant, il y a une partie de l'aide européenne qui continue, c'est tout ce qui relève de l'aide humanitaire, ce qui représente à peu près 165 millions d'euros. Une partie de l'aide est suspendue, c'est à peu près une centaine de millions d'euros, sachant que la Commission européenne n'avait pas terminé sa programmation pour 2006. Nous sommes dans une phase de suspension de l'aide pour cette partie là, et c'est sur cette partie là qu'il faut faire preuve d'imagination et essayer de voir comment faire parvenir l'aide aux Palestiniens, sans passer par le gouvernement du Hamas. » Pendant la visite de M. Abbas, l'Union européenne ne s'est pas mise d'accord sur une proposition concrète, pour pouvoir remédier à ce problème. On parle de ne pas asphyxier le peuple palestinien, mais c'est en réalité ce qui se passe sur le terrain. « Il y a deux choses. Il y a la visite de M. Abbas, et M. Abbas lui-même a dit dans une interview au Monde qu'il avait des propositions et nous allons voir quelles sont les propositions de M. Abbas. Il y a aussi une réunion qui se tient à Londres le 27 avril, une réunion informelle des principaux donateurs, qui va permettre un échange de vues […] Abbas sera à Paris. Il verra le président de la République dans la matinée du vendredi et il est prévu qu'il voie le ministre à l'occasion d'un déjeuner vendredi, mais je vous le confirmerai. » Pour le ministère des Affaires étrangères nous « avons une conception large de ce qui est humanitaire. Humanitaire, ce n'est pas seulement ce qui va aux ONG, c'est bien ce qui doit servir à faire en sorte que la population palestinienne puisse continuer à vivre dans de bonnes conditions. Cela implique que les hôpitaux doivent continuer à fonctionner, cela pose aussi des questions sur la situation de sécurité. Ce n'est donc pas une distinction qui est entièrement pertinente dans cette affaire. Ce qui est pertinent, c'est de savoir comment le plus d'aide possible peut parvenir à destination sans transiter par le gouvernement du Hamas, plutôt que d'essayer de faire une distinction entre humanitaire et non humanitaire, qui est de toute façon très difficile à faire. » Mais transformer l'aide directe en aide indirecte « peut être une des idées. La programmation de l'Union européenne n'est pas complètement arrêtée pour 2006. Nous avons une marge. Cette aide est là pour répondre aux besoins des Palestiniens. Si M. Abbas nous dit : mes besoins ne sont plus là, ils sont ailleurs et vous pouvez m'aider en mettant de l'argent ailleurs, je pense que c'est quelque chose que nous pouvons faire. Tout cela n'est pas gravé dans le marbre et nous avons une certaine souplesse dans l'allocation de cette aide. » Les forces de sécurité palestiniennes sont payées par l'Autorité Palestinienne, qui est maintenant privée de fonds. Il pourrait y avoir une déstabilisation totale de la situation sécuritaire à l'intérieur des territoires. « C'est une des questions qui se posent. S'il n'y a plus d'argent pour payer les forces de sécurité, cela peut être très préoccupant et cela peut conduire à une forme de chaos dans les territoires palestiniens. C'est un problème qu'il faut avoir en tête et qu'il faut s'efforcer de traiter. Ce n'est pas facile. On a vu ce qui s'est passé la semaine dernière, sur cette question des forces de sécurité, entre le gouvernement du Hamas et M. Mahmoud Abbas. C'est une affaire très compliquée. » L'aide européenne suspendue est « grosso modo de 250, 260 millions d'euros par an. Là-dessus, il y en a à peu près 160 millions qui sont de l'aide humanitaire. Restent une centaine de millions qui sont dans la balance […] L'aide budgétaire directe est de l'aide qui servait au fonctionnement de l'Autorité palestinienne directement. »
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