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Moubarak et Chirac pour la diplomatie face à l'Iran - 20 avril 2006 - 12:20
Iran - Lors de la conférence de presse conjointe du Président de la République Jacques Chirac et du Président de la République arabe d'Egypte Hosni Moubarak, les deux présidents ont insisté sur le nécessaire chemin de la diplomatie face à l'Iran. Le président égyptien Hosni Moubarak a discuté mercredi soir avec le président français Jacques Chirac, en visite en Egypte, des derniers développements au Moyen-Orient, dont le conflit israélo-palestinien et la question du nucléaire iranien. A l'issue de l'entretien avec Jacques Chirac, Hosni Moubarak a déclaré à la presse qu'il était satisfait des discussions constructives avec son homologue français. Les deux dirigeants se sont accordés à dire que les dirigeants d'autres pays devaient trouver un moyen pour poursuivre leur aide aux Palestiniens, en dépit de l'arrivée au pouvoir du Mouvement de résistance islamique (Hamas). « Nous devons trouver un moyen pour une aide consacrée à tous les Palestiniens avec l'autorité nationale palestinienne », selon Jacques Chirac. Ils ont condamné l'attentat suicide palestinien qui, lundi, a tué neuf personnes à Tel Aviv.
Sur la question du nucléaire iranien, les deux présidents ont déclaré qu'ils s'opposaient à une intervention militaire en Iran. « Nous devons explorer toutes les possibilités offertes par l'action diplomatique afin d'éviter toute déstabilisation qui pourrait être très grave pour le Proche-Orient », pour Jacques Chirac. Selon le communiqué officiel, Hosni Moubarak a dis que « Nous avons abordé avec notre cher invité ce qui se passe sur les questions palestiniennes et israéliennes. Comment aller de l'avant dans le processus de paix. Comment améliorer la vie quotidienne du peuple palestinien. Et nous avons évoqué la prochaine visite du Président de l'Autorité palestinienne en France, la semaine prochaine […] Nous avons parlé des développements du dossier nucléaire iranien, son lien avec la sécurité du Golfe, du Proche et du Moyen-Orient. Et l'appel lancé par l'Egypte à faire de cette région une région libre d'armes nucléaires et de toutes les armes de destruction massive. Nous avons aussi évoqué la manière de mettre un terme à cette crise en poursuivant le dialogue actuellement en cours entre l'Iran et la Troïka européenne. » Pour Jacques Chirac « S'agissant du Proche-Orient, nous avons évoqué l'espoir de voir des négociations reprendre. Et pour ce qui concerne l'Irak, le Président l'a évoqué, nous avons parlé de la nécessité de l'unité et de l'intégrité de ce grand pays. Pour la Syrie et le Liban, j'ai rappelé que le Liban devait retrouver sa pleine souveraineté et que toute la lumière devrait être faite sur l'assassinat de Rafic Hariri, l'ancien Premier Ministre. Nous soutenons la commission internationale d'enquête ainsi que la mise en œuvre du tribunal international, décidé entre le Liban et les Nations Unies. » Selon le prédisent français, « Pour l'Iran, vous le savez, ce pays est signataire du Traité de non prolifération. Il n'a pas, à proprement parler, respecté ses engagements. La France et l'Egypte travaillent dans le même esprit de dialogue. Le Président a rappelé tout à l'heure que, sur l'initiative de l'Egypte, l'AIEA avait approuvé l'idée d'une zone au Moyen-Orient dépourvue de toute arme de destruction massive. Et la France a soutenu la proposition du Président Moubarak dans ce domaine. » Jacques Chirac a précisé que l'Iran, future puissance nucléaire, qui a décidé de soutenir le Hamas, en plus du Hezbollah, et du Jihad islamique, n'était pas devenu une menace de déstabilisation pour l'ensemble du Moyen-Orient, non seulement pour Israël, mais aussi pour l'Egypte, la Jordanie, le Liban. « Nous n'en sommes pas encore là, heureusement. Aujourd'hui, il faut explorer toutes les possibilités offertes par l'action diplomatique pour éviter une déstabilisation qui pourrait être très grave de la région du Moyen-Orient et probablement au-delà. Cette action, menée par la communauté internationale, ne met pas en cause, chacun le sait, l'accès de l'Iran aux technologies nucléaires civiles. En revanche, elle doit, d'une part permettre à l'AIEA de jouer tout son rôle et d'autre part, permettre de garantir la sécurité et la stabilité dans cette région. Je crois que c'est, en réalité, l'intérêt de l'ensemble du monde. Hosni Moubarak a précisé que « Tout le monde sait que nous lançons un appel pour que cette région soit une région exempte de toute arme de destruction massive, que ce soit en Israël ou dans tout autre pays, par exemple l'Iran. Mais, aujourd'hui, d'après ce que nous entendons, l'Iran suit une voie nucléaire. Nous pensons que ce problème doit être résolu par les voies politiques et diplomatiques. Nous devons épuiser tous les moyens qui sont à notre disposition et ne pas avoir recours à des frappes militaires qui pourraient avoir des conséquences très graves pour la région et pour le monde. A mon avis, il faut poursuivre l'action politique, l'action diplomatique et tout autre action, sans prendre de décisions de guerre et paix parce que cela serait extrêmement dangereux. C'est très facile de prendre une telle décision, mais les conséquences en seraient très difficiles. » Sur l'arrêt des aides au Hmas, Jacques Chirac a précisé que « Il y a eu, dans cette région, des élections. Il n'est pas question de les contester. A partir de là, se pose un problème qui tient au fait que le Hamas est inscrit sur la liste des organisations terroristes internationales, notamment de l'Union européenne. Or, il se trouve que l'Union européenne apporte l'essentiel de l'aide matérielle aux Palestiniens et à l'Etat palestinien. Alors, je comprends que l'Union européenne se soit posée des questions. Je considère, pour ma part, qu'il serait - et c'est le sentiment du Président Moubarak - à la fois injuste et politiquement maladroit de faire payer à la population palestinienne le prix que l'on voudrait lui faire payer en supprimant l'aide. Je suis donc partisan du maintien de l'aide, pour des raisons humanitaires et de justice. En revanche, il y a probablement des modalités à mettre en œuvre, et c'est l'un des sujets que je me propose, pour ma part, de traiter avec M. Mahmoud Abbas à Paris, dans quelques jours : à savoir, comment faire en sorte que l'aide puisse être distribuée au profit de l'ensemble des Palestiniens et dans des conditions qui soient respectueuses des règles de la démocratie. Voilà la position de la France : maintien de l'aide, dans des conditions à déterminer avec le chef de l'Etat palestinien. »
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