Mardi, l’Association Alternative Mobile représentant les MVNO a été reçu par Eric Besson. Chacun de ses membres a pu exposer les principaux freins au développement rencontrés par les opérateurs alternatifs français.
Les MVNO sont arrivés sur le marché en 2004. Ils achètent des minutes en gros à un des trois opérateurs télécoms propriétaire de son réseau, SFR, Orange ou Bouygues Telecom, afin de les revendre à leurs clients.
En France, les MVNO ne comptent que 2,7 millions de clients ce qui représente à peine 5% de parts de marché, contre 10% environ dans les autres pays européens et jusqu’à 20% dans les pays nordiques.
Bruxelles a d’ailleurs fait remarquer aux autorités françaises que la concurrence est peu développée. Depuis 2003, les prix de la téléphonie mobile ont stagné, montrant l'absence d'une réelle concurrence.
La téléphonie mobile est devenue en 10 ans un poste important de dépenses pour les Français. Une famille avec deux enfants dépense en moyenne plus de 100 euros par mois sur ce poste.
En conséquence, seuls 85% des français disposaient fin 2007 d'une offre de téléphonie mobile, contre 112 % en moyenne dans l’Union Européenne. D’après Bruxelles, une 4ème licence s’avère nécessaire pour faire baisser les prix et augmenter le taux d’équipement.
Durant l’entretien, les participants ont souligné des blocages d’ordre juridique, économique et technique qui les empêchent d’animer davantage la concurrence dans le secteur de la téléphonie mobile. Il s'agit « d'explorer les raisons pour lesquelles les MVNO sont moins développés que dans beaucoup d'autres pays européens », a déclaré Eric Besson.
Parmi les freins identifiés, on retrouve des prix de gros trop élevés, des clauses d'exclusivité qui lient le MVNO à son fournisseur, ainsi que du droit de préemption de ce dernier sur le rachat de son MVNO (Ten par Orange, Debitel par SFR).
Eric BESSON a annoncé qu’il saisirait les services compétents de l’Etat pour procéder à l’analyse de ces freins : « Notre rôle, c'est de faciliter la concurrence ».
Alternative Mobile est satisfaite que : « le Gouvernement se soit emparé de ce dossier prioritaire pour insuffler au plus vite une concurrence effective au profit des consommateurs dans la téléphonie mobile. »
Eric Besson a répété que « toutes les options restaient sur la table aujourd'hui » concernant la quatrième licence de téléphonie mobile qui inquiète tant les trois opérateurs, SFR, Orange et Bouygues. Eric Besson a ajouté que le Premier ministre François Fillon devrait s’exprimer sur le sujet prochainement, dans les semaines à venir probablement.