Le Département américain de la défense a mis Google sur la défensive la semaine dernière en publiant un communiqué qui indiquait que les véhicules photographiques mobiles que Google utilise pour obtenir des images de Street View pour son site Google Maps, ne sont pas autorisés sur les bases militaires américaines.
Afin « d’organiser l’information du monde et la rendre accessible et utile de manière universelle », Google a par mégarde s’est brouillé avec la mission de maintien de la sécurité pour le personnel et les sites de l’armée.
Le Pentagone a publié son communiqué quand des images Street View du Fort Sam Houston à San Antonio au texas sont apparus sur Google Maps. Google a publié les images de San Antonio sur Google Maps Street View en février dernier.
Les images qui dérangent le Pentagone sont celles des bases militaires, et notamment du dispositif de sécurité à l'entrée.
« On voit où sont tous les gardes. On voit comment les barrières se lèvent et se rabaissent. On voit comment entrer ou sortir des bâtiments », a expliqué le général Gene Renuart, chef du commandement militaire américain responsable de la défense intérieure. « Je pense que cela représente un véritable risque pour la sécurité de nos installations militaires », a-t-il ajouté.
Google a retiré les images à la demande de l’armée américaine et du Pentagone. Le fort Sam Houston n’est pas ouvert au public.
Le porte-parole de Google Larry Yu a déclaré qu’il était contre la politique de Google d’accéder aux installations militaire ou à d’autres installations privées. « Notre politique est de rester sur les routes publiques » a-t-il déclaré.
Le Lieutenant Gary Ross, un responsable des affaires publiques pour la NORAD (North American Aerospace Defense Command) a déclaré que l’armée avait été mise au courant que Google cherchait à accéder au Fort Sam Houston et que le Pentagone avait publié un moratoire le 28 février pour rappeler que les efforts de capture d’image de Google ne devaient pas être permis sur les sites militaires.
« Cela a des risques opérationnels pour les forces de protection de la sécurité du personnel qui travaille sur la base » a déclaré Gary Ross.
Il a ajouté que la directive ne s’appliquait pas seulement à Google, étant donné qu’il y a d’autres compagnies qui acquièrent également des images pour une utilisation similaire.
Street View, une fonctionnalité du service Google Maps, propose un champ de vision de 360° et à hauteur d'homme des rues de trente villes américaines. Les internautes peuvent ainsi descendre une rue, au sens virtuel, en utilisant la souris pour ajuster leur angle de vue.
Ce service est devenu populaire auprès de conducteurs qui s'en servent pour préparer un itinéraire dans un quartier qu'ils ne connaissent pas ou peu. Mais d'emblée, Street View a déclenché une polémique sur les risques d'intrusion dans la vie privée des personnes ainsi filmées.