Steve Ballmer a annoncé, le 21 février dernier, que le géant du logiciel Microsoft avait décidé d'ouvrir les codes de ses logiciels. L’annonce du géant de Redmond de faire ses premiers pas dans les logiciels libres a été accueillie plutôt fraîchement pas le monde du logiciel libre.
Après que Steve Ballmer ait déclaré que Microsoft allait ouvrir les codes de ses logiciels, le monde du logiciel libre s’interroge : effet d’annonce ou véritable décision stratégique du géant du logiciel ? Microsoft offre t-il vraiment un rameau d'olivier à l'open source et à Linux ou cette annonce n’est-elle qu’une annonce de plus face aux nombreux problèmes juridiques que le groupe rencontre, notamment vis-à-vis de l’Union Européenne (UE) ?
Dans une déclaration, Michael Cunningham, vice-président exécutif et avocat général de Red Hat, précise qu’il « y a huit ans, les autorités de contrôle des États-Unis, puis il y a quatre ans les régulateurs européens, ont fait clairement savoir à Microsoft que son refus de divulguer les codes de ses produits logiciels violait le droit. Il n'est donc guère surprenant de voir Microsoft affirmer aujourd'hui que « l'interopérabilité entre les systèmes est une exigence importante » et d’annoncer un «changement dans (son) approche de l'interopérabilité. »
« Red Hat, en ce qui concerne cette dernière annonce de Microsoft sur l'interopérabilité de ses logiciels, reste très sceptique. La firme de Redmond doit prendre des engagements fermes pour vraiment prouver ce qu'elle annonce aujourd'hui. »
Pour Jim Zemlin, directeur exécutif de la Fondation Linux, si la position de Microsoft n'est pas la solution idéale pour les développeurs open-source, c'est une « première étape. Le monde du développement du logiciel s’inscrit dans une marche régulière vers la direction du libre et de la transparence. Comme le nombre d’utilisateurs de Linux continue d'augmenter, la demande de ses clients d'interopérabilité avec les logiciels de Microsoft augmente aussi. Cette annonce faite par Microsoft semble indiquer que le groupe souhaitent participer à cette marche. »
La réaction du mode du logiciel libre, ou open source, à l’annonce de Microsoft sur l'interopérabilité de ses logiciels serait donc, en résumé : « Prouvez-le. »