La navette spatiale américaine Atlantis a décollé de son aéroport de Floride jeudi, pour une mission visant à livrer le premier laboratoire spatial permanent européen sur la Station Spatiale Internationale.
Seuls les Etats-Unis et la Russie disposent jusqu'à présent de leur laboratoire, cœur du seul avant-poste orbital dont les expériences scientifiques, conduites en microgravité, sont jugées essentielles pour préparer l'exploration spatiale habitée de longue durée vers Mars.
Les nuages et la pluie près du Centre Spatial Kennedy, qui ont menacé de reporter le lancement, sont restés en retrait assez longtemps pour que la navette spatiale Atlantis puisse s’extirper de son site de lancement à 14h45 heure locale. L'orbiteur a poursuivi son ascension propulsé par ses trois moteurs cryogéniques atteignant l'orbite 8,30 minutes après le lancement.
Le lancement a finalement permis de mettre en orbite le laboratoire européen Columbus, dont la construction a coûté près de 1,9 milliards de dollars. Le lancement devait avoir lieu beaucoup plus tôt mais de nombreux retards se sont accumulés depuis 2002 : d’abord à cause des retards de la Russie pour lancer le module service de la station spatiale, puis par la destruction de la navette Columbia en 2003 qui a immobilisé la flotte de navettes de la NASA.
Enfin, la mission d’Atlantis a été deux fois repoussée en décembre par des problèmes techniques impliquant le système d’extinction automatique d’urgence des moteurs de l’appareil.
Le laboratoire européen cylindrique Columbus, d’un diamètre de 4,5 mètres, est assez grand pour accueillir trois membres d’équipages et intègre dix armoires d’expérimentations.
Ses utilisations scientifiques sont multiples et portent entre autres sur la science des matériaux, la physique des fluides, les sciences de la vie, la physique fondamentale et de nombreuses autres technologies. Il renfermera aussi la plupart des charges utiles pressurisées européennes. Plusieurs centaines d'expériences par an seront réalisées au sein de Columbus.
Le laboratoire européen est dédié à la recherche en micropesanteur.
La navette spatiale Atlantis comptait sept astronautes à bord, dont le Français Léopold Eyharts et l'Allemand Hans Schlegel .
« Tous les systèmes fonctionnent », a dit à l'équipage le directeur de vol Dough Lyons. « Je vous souhaite une mission réussie et un retour en sécurité » a-t-il ajouté.
Yannick d'Escatha, Président du CNES, a pour sa part félicité les équipes de la NASA.
« Je salue tout particulièrement les astronautes qui voyagent actuellement à son bord vers la station spatiale internationale, notamment les deux Européens Hans Schlegel, astronaute allemand, et Léopold Eyharts, astronaute français ». Il s’est dit très fier de cet astronaute, que le CNES a recruté en 1985.
Le président du CNES a rappelé que « Le laboratoire Columbus de l'ESA constitue en
effet l'élément clé de la contribution de l'Europe au grand projet international qu'est l'ISS. Le lancement du cargo ATV, dont le centre de contrôle est sous la responsabilité du CNES à Toulouse, sera la prochaine étape ».
Il a indiqué que « La France au travers de sa participation aux programmes de l'ESA devient ainsi un partenaire actif de l'exploitation et de l'utilisation du module européen de l'ISS. Le CNES avec ses équipes du Cadmos est prêt à exploiter à bord de la station les expériences qui lui ont été confiées ».