Le Conseil central juif allemand accuse le site YouTube d'héberger des documents de propagande néonazie. L'organisation envisagerait de déposer une plainte contre le site de vidéos communautaire.
Le conseil central juif allemand veut que le gouvernement ouvre une enquête criminelle contre YouTube de Google pour hébergement de vidéos néo-Nazi et antisémites, qu’ils estiment en violation avec les lois allemandes contre l’incitation à la violence contre les minorités.
Les autorités allemandes et les citoyens luttent actuellement contre une image ternie du pays, et cherchent à éliminer les groupes de haine après une augmentation récente des attaques brutales très médiatisées contre des minorités dans le pays. Le cas le plus médiatisé impliquait un groupe d'individus qui ont battu huit indiens il y a deux semaines, alors que des gens dans une foule ont commencé à hurler « Les étrangers dehors ! ».
Mardi, la Charte de l’Union Européenne pour les Droits Fondamentaux a publié un « Rapport sur le racisme et la Xénophobie dans les Etats Membres de l’Union Européenne » qui indiquait une augmentation de 14% du nombre de violence et de crime racistes en Allemagne entre 2005 et 2006.
Le rapport critiquait l’Allemagne pour sa lenteur à mettre en vigueur la Directive de l’Union Européenne sur l’Egalité Raciale, mais félicitait d’autres efforts récents pour combattre la haine en Allemagne. Les incidents récents font toujours les gros titres des journaux en Allemagne, dans une nation qui essaye toujours d’améliorer son image et sa démocratie 75 ans après la prise de pouvoir par Hitler.
Les journaux en Allemagne sont remplis d’articles faisant état des violence, et les édito accusent les dirigeants du pays de ne rien faire pour améliorer la situation et publient des reportages reflétant le problème.
Report Mainz a diffusé cette semaine un document présentant Salomon Korn, vice-président du Conseil Central juif allemand, qui a appelé à une enquête sur YouTube pour autorisation volontaire de diffusion de vidéos de propagande antisémite.
Ces vidéos comprennent des clips de propagande Nazi datant de la seconde guerre mondiale, ainsi que des clips récents des groupes actifs néo-nazi en Allemagne. Selon l'émission "Report Mainz" de la chaîne de télévision SWR, le Conseil central juif dénonce le non-retrait de ces vidéos, et donc la promotion de"la haine raciale et de la glorification de la guerre".
Le clip de la chanson "The KKK" du groupe Kommando Freisler, dont les paroles appellent à une "révolution blanche totale", était ainsi disponible pendant des mois. La vidéo, illustrée d'images du Ku Klux Klan, a été retirée du site lundi 27 août.
Le professeur Salomon Korn, vice-président du Conseil central juif en Allemagne, a expliqué à "Report Mainz" attendre, en cas de plainte, "que le parquet, les instances officielles, et aussi l'Etat allemand, se prononcent contre ces vidéos, et agissent à leur encontre". Les journalistes allemands ont déclaré qu’un des clips hébergés par YouTube avait été vu plus de 400000 fois en huit mois.
Sans commenter les accusations spécifiques, un porte-parole de YouTube a déclaré via un email : « Nous comprenons que ce sont des questions très sensibles et nous respectons les sentiments et les opinions des personnes concernées. Internet donne à tous la possibilité de s’exprimer et d’être entendu. Mais en facilitant l’expression des individus, Internet fait aussi augmenter les préoccupations politiques et culturelles dans certains pays. »